1ère compétition officielle d’Escrime Courte

Voilà, nous y sommes ! Lancement officiel de la toute 1ère compétition d’Escrime Courte appelée Knifencing, issue de la collaboration de deux maîtres d’armes de génie, Maestro Giovanni Rapisardi et Maestro Danilo Rossi Lajolo di Cossano. Je ne vous les présente plus, ils sont partout dans mon blog déjà ! Cette nouvelle discipline est entrée à la  S.I.S.MA (Système Italien d’Escrime Martiale) qui est la branche « arts martiaux » de la FIS (Fédération Italienne d’Escrime). C’est bon, vous suivez ?
Autrement dit, c’est du sérieux.

Varese a été choisie pour accueillir la trentaine de tireurs provenant de différents univers qui se sont affrontés dans une ambiance saine et conviviale. C’est d’abord sur cela que j’aimerais insister. Ici, pas de pseudo guerriers de gymnase ou de sauvages le couteau entre les dents mais un large panel de pratiquants et pratiquantes apportant leur lot de bonne humeur et de fair-plays, parmi eux  des jeunes et des moins jeunes. Oui, c’est le couteau qui nous fédère en ce Dimanche ensoleillé mais dans sa forme sportive la plus pure qui soit. Pour ma part, j’en parlerai uniquement en utilisant la formulation escrime courte car c’est bien cela dont il s’agit. Ce n’est pas et ne sera jamais des « combats au couteau ». Nous voulons une image irréprochable de ce sport et nous nous y employons de toute nos forces.
Deux catégories : Homme et Femme. Pas de poids, d’âge ni de taille. Un équipement en grande partie issu de la pratique du sabre sportif. Une veste conductrice, une manchette, conductrice également et masque. Le gant de protection est quant à lui utile pour le bon maintien de l’arme et surtout pour éviter de s’égratigner inutilement la main si celle-ci venait à se retrouver malencontreusement en contact avec la grille du masque de l’adversaire (ça m’est souvent arrivé, on y laisse facilement la peau des doigts !). Il est primordial de protéger l’intégrité physique du pratiquant au moyen de matériel bien pensé et sécurisant si l’on veut également attirer les enfants à cette discipline. Le matériau composant l’arme (appelée Korto) est composé d’un polymère souple qui se plie à la moindre pression donc aucune blessure possible avec ce type d’arme inoffensive.

Et les tireurs alors, qui sont-ils ?
Arrivant des arts martiaux, de l’escrime sportive ou historique, tous sont venus découvrir, se tester, s’essayer à l’escrime courte italienne, évolution moderne de l’escrime. Celle-ci souffre depuis de nombreuses années de divers maux. Une seule appellation mais 3 armes donc 3 règlements différents (et très difficiles à comprendre parfois !), 3 styles différents, bref 3 sports différents en fin de compte. Pour ces raisons et pour plein d’autres (assauts courts, rapidité des actions, sport non professionnel,…), l’escrime est rarement télévisée et donc peu comprise et appréciée des téléspectateurs. On peut le dire ainsi, en France, le seul moment pour intéresser du monde et briller (et donc de recevoir un tant soi peu de couverture médiatique), c’est pendant les JO. 15 jours tous les 4 ans, wow ! Pourtant, il y a des compétitions chaque semaine de l’année mais au final, qui s’en soucie ? Autrement dit, il est tout aussi aisé de connaître le règlement et les athlètes du Curling que celui du Fleuret. Et dieu sait si le curling c’est super fun à regarder !

Pour ma part, je suis intimement convaincu que ça peut donner un bon bol d’air à ces disciplines qui peinent à trouver son public. On sent que la fédération internationale tente de trouver des moyens (plus de show, des masques et pistes qui s’allument etc…) mais c’est insuffisant tant que les règles seront obscures. Alors je me mets à rêver, pourquoi pas révolutionner tout ça avec l’arrivée de l’escrime courte ? Il faudra certainement des années et de nombreuses « batailles » à mener mais le jeu en vaut la chandelle.

A l’origine, je ne devais pas y participer car mon dernier stage instructeur Lajolo KFS tombait début Décembre. Je ne peux pas être partout pour diverses raisons. Après une erreur de calendrier, l’opportunité pour moi s’est donc présentée. Je crois en certains signes dans la vie et j’ai souvent l’impression qu’un destin particulier me pousse vers certaines directions et me fait faire des choses précises. Quelques réglages et une réorganisation familiale plus tard, me voilà !

Quel plaisir de retrouver mes amis instructeurs de la Calix Academy, aucun ne manquait à l’appel. La passion qui nous anime et la saine rivalité fraternelle qui nous lie nous fait nous retrouver tous à Varese pour cette compétition où nous voulons représenter au mieux notre école et notre Maestro. Des retrouvailles également avec certains pratiquants venant d’autres horizons que j’avais déjà rencontré au cours de stages ou de camps estivaux. Et puis rencontrer de nouvelles personnes est toujours intéressant et enrichissant d’une manière ou d’une autre. Salutations diverses, enregistrement, récupération du matériel, échauffement solo et énonciation du règlement par Giovanni Rapisardi et nous voilà d’attaque pour les phases préliminaires.

4 victoires et 1 défaites au sortir des poules. Pas évident car en face, il y a des styles très variés. Pour ma part, je reste très basique dans mon jeu, de temps en temps je me permets quelques « spéciaux » avec plus ou moins de réussite mais mes priorités restent l’économie d’énergie et le désir de ne pas trop en montrer car on ne sait jamais qui on va rencontrer par la suite. Surtout que l’entraînement de la veille avait laissé des traces dans mes membres inférieurs, les jambes raides m’ont pas mal gêné. La suite, elle se fera avec le petit stress qui va bien, juste ce qu’il faut pour ne pas retomber dans la semi-léthargie des poules. A présent, les assauts sont à élimination directe, on n’est plus là pour rigoler.
Je suis dorénavant coaché par Danilo, les copains sont tous éliminés, le dernier, Raffaele voit son parcours interrompu en 1/4, je suis à présent le seul représentant Calix encore en lice, je dois aller au bout. Il me donne une stratégie à appliquer. Les conseils très avisés du Maestro me permettent d’arriver en finale.

Mais avant ça, la finale féminine a été très plaisante à regarder, les deux finalistes avaient une belle technique. On sent bien que Maestro Rapisardi les entraîne très sérieusement et connaît parfaitement son sujet. En peu de temps, elles ont acquis un esprit escrime courte. Une belle finale en somme. Certains de ses élèves ont carrément troqué les armes longues pour le couteau en mousse, notamment les filles qui trouvent l’arme moins contraignante d’utilisation.

C’est mon tour à présent, attention toutefois à cet adversaire que j’ai battu de justesse en poule, sa stratégie et de jouer uniquement le contre, il ne prend que très peu d’initiatives. A moi de ne pas tomber dans le piège. Suivre ce que Danilo me répète sans cesse doit être ma seule préoccupation, ça fonctionne à chaque fois que je m’y emploie. Un seul regret après l’analyse des matchs c’est que je n’ai pas eu l’opportunité de diversifier un peu mon jeu. Après, en compétition, on cherche la gagne quoi qu’il arrive, même si on répète 10 fois la même chose, tant que ça fonctionne, le reste c’est de la littérature comme on dit !
J’écoute, j’applique et ça passe. 9 à 6 (trois touches d’écart font remporter le match. Pas de limite de temps pour la finale et 1er en 10 sinon). Pas évident car les doubles touches sont très fréquentes mais ne rapportent aucun point (à la différence de l’épée sportive). Toucher sans être touché, voilà toute la beauté et la difficulté de ce formidable sport !

Outre le fait de gagner en Italie (j’étais le seul étranger par ailleurs, en plus un français, vous imaginez ?) c’est le fait de prendre part à la genèse d’un beau projet qui m’intéresse. Alors oui, je ne vais pas vous et me mentir, il y a bien entendu une certaine fierté d’avoir gagné. Toutes ces années d’entraînement et de sacrifices finissent toujours par payer de quelque façon que ce soit. D’ailleurs, je remercie ma petite famille d’être toujours présente à mes côtés (même si pas toujours physiquement) et en particulier ma compagne qui est dotée d’une patience et d’une compréhension rare, mon fils à qui il me tarde à chaque fois de lui ramener la médaille, à mon Maestro Danilo et à mes amis instructeurs tous restés à m’encourager. Sans oublier bien sûr mon club d’escrime de Marseille et en particulier mon maître d’arme en épée Bernard. Merci pour les leçons !!! Un clin d’œil à mon pote Dany avec qui je reste à tirer le soir alors que tout le monde est déjà rentré, ça paye tout ça !

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Cette victoire personnelle n’est que la partie immergée de l’iceberg. Depuis que j’ai choisi cette voie, j’ai, entre autres comme mission de promouvoir et de divulguer les arts martiaux italiens du mieux que je peux. La compétition n’est pas un but en soi pour moi mais un moyen comme d’autres d’avancer sur cette voie. De plus, en tant qu’instructeur, si j’enseigne quelque chose à laquelle je ne participe pas ou que je connais mal, comment puis-je être crédible ?
C’est cet état d’esprit qui m’anime au quotidien lorsque je m’entraîne, partage avec vous mes vidéos et rédige mon blog. Mon intérêt est de placer des élèves sur les futurs podiums d’escrime courte.

L’aventure se poursuit, restez attentifs, l’actualité de 2016 promet d’être chargée !

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