Formation Avril 2016

Danilo laisse trainer ici et là au fil de ses vidéos publiques de petits indices. Parfois ils sont simplement techniques, c’est à dire des points de détails qu’il modifie ou rajoute au cours du temps ou selon les personnes qu’il a en face. A d’autres moments, ces indices se transforment en petites bribes d’information qu’il distille à qui sait les percevoir. Et comme il est « joueur », il attend les retours. Il me l’a confié ce week-end, on est très peu à regarder ses vidéos par rapport à la majorité qui les visionne simplement. Je profite donc de mes voyages de formation généralement pour me faire expliquer certaines petites choses.Finalement je ne pensais pas être servi à ce point, nous avons frisé l’indigestion. Heureusement qu’une grande partie est enregistrée, mon disque dur personnel a surchauffé. De toute façon nous y reviendrons car ce n’est pas un enseignement facile à intégrer, c’est assez… particulier.

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Une image valant mille mots…

Je me souviens de la différence d’énergie ressentie au fil des stages et des années. La première année, c’était la découverte et l’euphorie collective. La deuxième année, nous avons laissé sur le bord du chemin beaucoup de participants. La raison est simple, il coltello taglia… et ceux qui ne sont pas là pour les « bonnes » raisons ne poursuivent pas l’aventure chez nous. L’excitation fait place au doute et à la remise en question. Les cours sont donnés sur un autre rythme, plus posés. La troisième année, on rentre gentiment dans le vif de la Tradition et donc dans la réflexion profonde. Je l’espère, plus d’abandon des copains (même si cette fois nous n’étions pas tous présents), ça serait dommage si près du but… qui n’est en fait que le début de l’aventure. Je n’en dirai pas plus car il est trop tôt pour vous en parler publiquement.

Nous sommes donc rentrés dans le cœur des traditions et de ses symboles occultes, dans un monde du non-dit, de la gestuelle précise et de codes aujourd’hui connus d’une poignée d’Italiens seulement. Des décennies d’incessantes recherches , de rencontres et de lectures font que Danilo peut se vanter de détenir quelques véritables secrets qui ont façonné d’une certaine façon une partie de l’Histoire italienne. Ne cherchez pas dans les livres d’Histoire, vous n’y trouverez rien. J’ai essayé Internet, sait-on jamais, c’est creux. Subsistent quelques vieux livres spécialisés ou documents d’époque, pas toujours faciles à trouver et surtout assez onéreux vu la rareté. Cinq personnages mystiques étaient au centre de l’enseignement du week-end. Dans son premier livre (Sur le Fil de la Lame) furent posées les bases des divers aspects de la tradition italienne qui nous intéressent. Il y est écrit et je le répète assez régulièrement, que c’est un point de départ pour ceux qui veulent creuser et en apprendre d’avantage. J’essaie à présent de pousser le Maestro à travailler sur un livre qui traite du monde du tatouage criminel, de ses codes, de ses motifs et de ses rites. Les russes s’en sont largement inspirés et il existe une large quantité de livres décrivant de manière exhaustive le sujet (c’est fou comme l’histoire se répète avec ce pays…). Quant à l’Italie, peu de choses sont fixées car la transmission était orale au sein de l’Onorata Società qui s’est éteinte qui plus est, fin 19ème, ou dans tout autre bandes sévissant dans les différentes régions italiennes.
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A propos de tatouage, il compte parmi ses élèves une sommité mondiale, il s’agit de Gian Maurizio Fercioni. J’ai pu le rencontrer brièvement ce week-end lors de la convention de tatouage à Bologne, c’est un sacré personnage et pour le peu que j’en ai vu, je peux vous assurer que c’est quelqu’un qui marque (et pas que la peau, les esprits aussi, oui je sais facile mais fallait la faire !). Ici en compagnie de Gigi Sciviero, deux « dinosaures » du tatuaggio  italien.
Pour résumer, encore une formation très riche d’enseignement, les racines s’enfoncent toujours plus profondément afin que notre arbre puisse monter encore plus haut vers la lumière.

A suivre…

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