Formation Juillet 2015

 

Encore un week end renversant. Jamais en démarrant je n’aurais pensé trouver une telle richesse dans l’enseignement proposé par maestro Danilo Rossi Lajolo di Cossano qui, avec une belle fracture de la main a pas mal grimacé pendant ces deux jours. Merci à lui de souffrir pour nous.

Sur la partie technique à proprement parlé, c’est par l’ajout d’une grande chose peut faire toute la différence, qui est…un minuscule détail ! Paradoxal non ? C’est justement quand on pense être à l’aise dans notre travail que sitôt commencé, on nous montre notre point faible, défaut ou erreur, appelez le comme vous voulez. Rien n’étant fait au hasard, c’est seulement lorsque les fondations sont solides que l’on commence à monter les murs. Alors on refait et on n’oublie surtout pas de se rééduquer avec ces minuscules changements apportées.
En cas d’affrontement, ce n’est certainement pas la technique qui peut nous sauver, mais la somme de ces petits détails ainsi que la ruse, stratégie et autres tactiques qui le feront. Au fur et à mesure que j’avance, certaines choses me paraissent évidentes et une certaine forme de confiance en mon jugement s’opère et c’est bien souvent à ce moment là que Danilo nous instille des notions différentes, ce qui a pour fonction de me remettre de nouveau en question quant à savoir si j’ai bien compris la signification du message transmis jusqu’à présent.
Il nous rappelle d’ailleurs que nous avons emprunté une voie difficile, un vrai parcours initiatique. À ce propos, nous avons pénétré dans le monde fascinant du symbolisme lié aux cartes de jeu, très présent dans les diverses sociétés secrètes italiennes.

Le lajolo knife fencing system n’est pas connu en France mais il l’est dans le reste du monde, certains n’étant jamais venus s’entrainer chez nous, proposent tout de même des choses semblables. En apparence seulement, car avec internet, il est facile de reproduire.Sauf que ces fameux détails salvateurs leur sont invisibles, n’oublions pas que nous ne sommes pas tous en mesure de percevoir ces choses, même les plus élémentaires. D’autres sont venus s’entraîner certes, mais sont en fait venus récupérer ou « voler » afin de se les réaproprier et ont considéré la pratique comme une marchandise en passant à côté de l’essentiel…

Du travail en dynamique donc (dans des contextes divers; les escaliers, pas évident du tout!) du travail ludique, d’habileté, beaucoup de nouvelles choses se sont rajoutées à notre apprentissage. Par exemple le travail du bâton, pas celui que l’on peut voir dans les écoles méridionales italiennes, le fameux long bâton pastoral, qui nous est inutile dans notre contexte pour des raisons évidentes de maniement et d’usage, mais du bastone da passeggio, notre fameuse canne de marche. C’est déroutant de voir que là non plus, rien ne change. Mains nues, couteau, bouteille, bâton où je ne sais quoi d’autre, ne sont rien de plus qu’un outil, on doit être capable de les manier et de se mouvoir de la même façon. On a beau le savoir et se le répéter, on a quand même au début besoin de se réadapter, ah les mystères du cerveau humain… Pourquoi faire simple lorsque l’on a besoin de se chercher le compliqué?!

Du travail aussi en zone très basse à présent, voire au sol (dont les spécialistes en la matière sont les gitans) dans une nouvelle forme à apprendre, qui composent je le rappelle, l’ossature de notre travail.
Maestro Danilo a jugé qu’il était temps de nous préparer au travail de réflexion avec l’introduction de scénarios, toujours dans un contexte de la vie de tous les jours. Apprendre à élaborer un plan en y incluant toutes sortes de ruses, de stratégies et en dernier recours, de techniques pour apprendre à gérer des situations délicates. Vraiment pas évident, nous aurons besoin d’y revenir dans le futur. C’est une gymnastique mentale que l’on doit expérimenter au quotidien.
Pas mal donc de choses à digérer avant de préparer l’avant dernier stage de l’année.

J’ai eu la chance cette fois de pénétrer dans l’antre du maestro, c’est à dire, sa bibliothèque personnelle. Homme de science et de culture, chercheur sur la tradition italienne de combat armé, il possède une quantité impressionnante de livres sur le sujet (dont certains sont des raretés) ainsi que sur les sociétés secrètes. Une introduction en est faite dans son premier livre, Sur le fil de la lame, dont je m’apprête à terminer la traduction française. J’aurai l’honneur en plus, d’y écrire quelques pages en guise de préface.
Que de chemin parcouru à titre personnel en si peu de temps finalement, je suis très content de voir comment se profilent les choses pour la France, lentement mais sûrement. C’est seulement au prix d’efforts et de sacrifices que l’on obtient des résultats. La route est longue, je viens seulement de quitter le point de départ.

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