Formation Mai 2015

De retour en Italie pour la suite de notre formation, nous sommes environ à la moitié seulement de notre parcours. Encore une fois, nouvelle surprise quant au nombre que nous sommes, encore un abandon et pas des moindres, c’est dommage mais comme je le disais précédemment, il semble que le couteau tranche dans le groupe et nous réduise de mois en mois. On en rigole entre nous dans la mesure où on se demande qui sera le prochain ? Les impératifs de la vie, les soucis de chacun et les motivations nous sont propres, il est vrai que tenir 3 ans à venir régulièrement n’est pas une mince affaire, il semble que nous n’ayons pas tous mesuré les sacrifices (sans parler des imprévus mais ça qui peut le prévoir?). L’effet feu de paille est bien visible, partis en trombe, plus de la moitié sont déjà sur le côté de la route. Comme on dit même chez nous en France, « chi va piano va sano, chi va sano va lontano ».

Personnellement je me sens comme investi d’une mission, je fais les choses lentement mais sûrement. Je pave la route et pose les fondations à mon rythme afin de créer une passerelle forte entre l’Italie et la France afin que les connaissances techniques, culturelles, historiques ne se perdent pas en chemin.

Il semble que 3 ans soit trop long pour certains. Certains nouveaux voulant suivre un cursus de formation (nous avons été le premier groupe mais d’autres ont suivi dans d’autres villes d’Italie) ont demandé une réduction mais je n’en vois pas aucunement l’intérêt. Devenir instructeur en 6 mois/1 an est ce suffisant ? Il suffit de voir autour de nous, des pseudo instructeurs de pseudo arts martiaux ne pèsent pas lourd dans la balance. Je me répète sans doute mais apprendre un art martial, c’est long et ce n’est pas qu’apprendre un ensemble de techniques. D’ailleurs elle ne servent à rien si on ne sait pas quand les utiliser et comment. Il est bon de savoir d’où ça provient, pourquoi c’était fait ainsi, comment on le fait aujourd’hui car le contexte a certainement changé, qui le faisait et pourquoi nous le faisons, etc … Partir de la tradition pour l’adapter au monde d’aujourd’hui. Même ici, les maîtres font les choses sans savoir pourquoi, alors ça devient une jolie danse folklorique. En apprendre une quantité pour le plaisir de les collectionner et être incapable d’en sortir une le moment choisi est complètement inutile, pour la faire sienne il faut du TEMPS.
Patience, effort, abnégation,… Voilà des notions qui se perdent. Constat, échec ? Pas grave on recommence ! Si les racines ne sont pas profondes, l’arbre ne pousse pas correctement.
Il ne faut pas hésiter à demander aux techniciens des tatamis de refaire les mêmes techniques une fois en opposition « réelle ». Je pense que nous aurions des surprises.

Les 3 ans resteront ainsi, le maestro n’a aucunement envie d’en détériorer le contenu pour satisfaire certains d’entre nous. De plus ce chiffre est symboliquement fort, il n’est pas choisi au hasard, d’ailleurs rien chez nous ne l’est. D’autres proposent 6 mois, pourquoi pas, chacun est libre après tout. Un constat toutefois, à l’image de notre société, on veut TOUT et vite si possible.
À savoir également que ce n’est qu’au bout de ces 3 ans, que les choses « sérieuses » commencent. Nous aurons acquis notre alphabet, nous pourrons apprendre à écrire.

Une étape supplémentaire dans notre parcours, on aborde le côté émotionnel du combat/affrontement, les règles changent, les expressions du visages également. L’opposition est moins « belle », elle devient animale. Le plus dur est de trouver le compromis entre émotions, science du combat et techniques. L’intensité surgit, les bobos aussi !
On progresse non pas en collectionnant des techniques mais en creusant à l’intérieur de nous et à partir de là on va délaisser le duel de jeu.

Pour les nouvelles, l’académie Calix rejoint la fédération italienne d’escrime (FIS) en tant qu' »associazione aggregata » c’est une grande avancée ! Le système sportif avec l’équipement est au point, je vous tiens au courant de l’évolution. Voilà certainement un moyen d’initier les plus jeunes et les plus téméraires au couteau avec une sécurité maximale. J’ai d’ailleurs récupéré les couteaux en mousse, ils seront conductibles car l’équipement ressemble à celui du sabre, et sont totalement sans danger.

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