Sociétés secrètes…

     Je tiens à vous présenter un article un peu particulier car il traite de la formation de sociétés secrètes et plus particulièrement d’une organisation criminelle que l’on ne présente plus aujourd’hui, la Camorra.

Attention : Cet article ne sert ni d’éloge à cette organisation ni à aucune autre qui prône la violence et exerce des activités illicites. Nous nous intéressons ici à leur structure et leur mode de fonctionnement uniquement et condamnons bien entendu leurs actes. Je relaie également un message de la part du fondateur du Lajolo KFS à ce sujet :
Les activités didactiques de Maestro Danilo Rossi Lajolo di Cossano sur les recherches et études liées aux traditions populaires de combats  ne sont absolument pas à prendre comme une apologie de pratiques criminelles ou violentes mais exclusivement comme activité de promotion de la culture martiale italienne.

Voilà, deux messages très similaires sur le fond et la forme mais je préfère prendre mes précautions et évite ainsi tout malentendu.

L’article original de Daniela Zini se trouve ici , j’en ai extrait et traduit les parties qui nous intéressent principalement. Je vous souhaite donc une bonne lecture !

Plus d’infos à ce sujet se retrouvent également dans le livre de Danilo Rossi, Sur le Fil de la Lame. Pour vous le procurer, reportez-vous à l’article correspondant qui se trouve en page de garde de ce blog.

Celui-ci ne traite bien évidemment pas de manière exhaustive le sujet, quantités de livres (le plus souvent en langue originale) devront être consultés pour en apprendre d’avantage.

 

« Celui qui contrôle le passé, contrôle le futur.
Celui qui contrôle le présent, contrôle le passé »

George Orwell,1984

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« En politique, rien ne se produit de façon fortuite.
Si cela se produit, vous pouvez parier que cela a été planifié en ce sens. »

Franklin D. Roosevelt

« Celui qui se tait et baisse la tête meurt à chaque fois qu’il le fait, celui qui parle et marche la tête haute meurt une seule fois. »

Giovanni Falcone (NDT : né à Palerme le 18 mai 1939 et mort assassiné le 23 mai 1992 à Capaci, juge italien engagé dans la lutte antimafia et assassiné par Toto Riina, membre des Corleonesi, eux-mêmes faisant parti de Cosa Nostra, mafia Sicilienne. Il meurt ainsi que sa femme et ses trois gardes du corps (police) lors d’un attentat à l’explosif dans ce que l’on appelle « le massacre de Capaci »).

aux magistrats et aux forces de l’ordre qui sont, quotidiennement, impliqués dans la lutte contre la criminalité organisée.

A celui qui soutient que pour autant, cela ne changera rien, je lui dirais :

« Le problème est que c’est nous qui ne faisons rien.

établissons une présence constante ou nous aurons une violence constante.

Il vaut vieux essayer et ne pas réussir que ne pas réussir à essayer! »

Daniela Zini

Croyons-nous tout savoir de ce qui se passe sur notre planète ?

 Les hommes qui occupent un espace au premier plan sur la scène politique disposent-ils d’un réel pouvoir ?

Le monde des affaires est-il corrompu par les sociétés secrètes ?

Beaucoup de gens soutiennent que les puissants exercent un contrôle absolu sur tous les événements mondiaux.

C’est le principal sujet que nous traiterons dans cette enquête, où l’on démontre, au travers une série d’exemples stupéfiants que le sort des Nations dépend, souvent, de la volonté de groupes d’hommes qui n’ont aucune fonction officielle. On parle de sociétés secrètes, de vrais gouvernements cryptés, qui contrôlent notre sort à l’insu de tous. Leur existence n’est palpable que lorsque un fait imprévu les oblige à agir à la lumière du jour.

« […] le mot même « secret » est répugnant dans une société libre et ouverte ; et nous, en tant que peuple, sommes intimement et historiquement opposés aux sociétés secrètes, aux faux serments et aux procédures secrètes. […] »

L’Histoire est remplie d’énigmes autour des sociétés secrètes, que ce soient de puissantes organisations économiques, sociales, politiques ou de clubs privés réservés à une élite.

Presque toutes les civilisations ont été, à un moment ou à un autre, le refuge de ces sociétés de l’ombre : réunions à huis clos, interdiction de révéler ce qu’il se dit à l’extérieur, suspicion de chaque geste ou parole d’un des membres…

Le mystère dont s’enveloppent les sociétés secrètes n’est pas en marge de l’intérêt qu’il suscite dès que l’on en parle.

  Et si l’ont tentait de percer ce mystère ?

Qu’en est-il de cette soit-disant influence des sociétés secrètes à travers l’Histoire ?

Ont-elles été aussi puissantes qu’on le prétend ?

[…]

Mener une enquête sur les sociétés secrètes dans un monde dont la culture du secret (d’Etat, scientifique, nucléaire, etc…) nous rappelle inlassablement qu’en tant que simples citoyens, nous restons en dehors des arcanes d’une connaissance supérieure dont seulement les « élus » (chef d’Etats, militaires, diplomates, espions, …) peuvent accéder, m’a semblé être une idée lumineuse et éclairante.

L’une des nombreuses thèses en vigueur sur les sociétés secrètes et que celles-ci fonctionnent comme nos sociétés « réelles », sortes de doubles subversifs, critiques, inaccessibles mais aussi nécessaires pour contrebalancer l’ordre mondial gouverné par les pouvoirs temporels, sensément transparents, car élus selon les principes diplomatiques.

Georg Simmel écrit :

« Les sociétés secrètes sont, pour ainsi dire, des répliques en miniature du « monde officiel » auquel elles résistent et s’opposent . »

La genèse des sociétés secrètes se perd, dans le peu de traces laissées dans un passé lointain. Grèce, Egypte des Pharaons noirs, Sumer et peut-être ailleurs…

« Au commencement était l’obscurité. »

il aurait été plus simple de commencer par la fin déjà que les sociétés elles-mêmes sont à la recherche de leurs origines.

« Et la lumière fut« .

« Alors qu’il se dirigeait dans la direction d’où provenait la lumière, l’Homme était en contact avec le divin et les difficultés matérielles de la vie, qui sans doute formaient alors une unique chose mais qui en deviendraient avec la naissance du verbe et l’éveil de l’Homme à la parole, les deux pôles de son existence. »

Nul ne sait combien de temps l’Homme a vécu à l’abri du doute ni s’il en ai été habité. Mais que son premier mot ait été un hymne à la nature ou une expression de son besoin alimentaire… bien vite, l’Homme commença à essayer de partager ses propres idées avec ses frères et bien vite, les concepts les plus subtils nécessitèrent plus que la parole : la transmission de l’expérience et donc l’initiation.

Il est possible que les premières initiations aient concerné le moyen de survivre dans la divine nature environnante. Ou qu’elles aient transmis la certitude d’un monde spirituel caché derrière la matière.

Dans l’Antiquité, les cultes du mystère se développèrent et connurent une grande ferveur dans le monde gréco-romain.

Par la suite, le Moyen-Age, théâtre des guerres de religion, donnèrent vie aux mystérieux Templiers.

Au cours de la Renaissance, les sociétés secrètes prirent une toute autre dimension avec l’ordre légendaire de la Rose-Croix et surtout avec la naissance de la Franc-Maçonnerie.

Le 19ème siècle marque an autre tournant : la prolifération des sociétés secrètes qui ont comme conséquences des légitimités toujours plus diversifiées et une attraction pour la rationalité scientifique.

L’époque moderne est marquée par une multiplication de sociétés secrètes, en particulier à l’ère d’internet, avec de possibles dérives sectaires et apocalyptiques.

L’Histoire des sociétés secrètes influence fortement l’Histoire. Il existe une version officielle de l’Histoire, une version dite ésotérique qui tient compte des sociétés secrètes car elles sont, souvent, sorties de l’ombre.

Mais ce que cette Histoire ne dit pas, ce sont les raisons secrètes de leurs présences.

Et, afin de les comprendre, c’est à l’Histoire ésotérique qu’il faut s’intéresser.

Ces sociétés secrètes sont profondément liées à la magie, à partir de documents les plus anciens que nous ayons. Je vous ferai grâce, toutefois, d’en faire porter le chapeau comme c’est souvent le cas sur les Franc-Maçons, sur les Sionistes ou sur Satan.

J’irai directement à l’essentiel, en m’exprimant sans ambages, sans craindre d’affronter les systèmes criminels, basés sur le contrôle, le pouvoir et la manipulation.

Un nouveau moyen de considérer le monde dans lequel nous vivons !

Dans les lignes qui vont suivre, nous allons pénétrer dans l’un des sociétés secrètes les plus connues, nous résumerons son histoire, décrirons les rites d’initiations, les signes et le langage qui lui sont propres.

LA CAMORRA

La camorra est aujourd’hui une grosse holding bien portante, qui tire ses principaux revenus du crime et qui contrôle une série d’activités non nécessairement criminelles, également au travers des canaux normaux de médiation sociale avec le moyen d’intimidation et de l’acquisition du consentement politique. La camorra a subi une évolution au cours de la deuxième guerre mondiale au point de perdre, si non pas complètement, ses particularités qui l’avaient rendues célèbre en la distinguant des autres comme la mafia et la ‘ndrangheta. Après avoir été pendant des années subordonnée aux oligarchies politiques locales, pour obtenir des adjudications et des contrôles qui ont donné le caractère semi-officiel (marchés de fruits et légumes, aux poisson, de la viande, du travail,…), la camorra possède aujourd’hui sa propre indépendance financière. Elle peut influencer les anciens patrons qui ont recours en périodes électorales à l’organisation criminelle qui leur impose ainsi ses lois et ses pots-de-vins.

La camorra est un phénomène méridional aux racines anciennes : son origine remonterait, en fait, à la moitié du 15ème siècle. Institution répressive avec un statut semi-officiel à partir de la Deuxième Guerre Mondiale, durant la période bourbonienne elle a assumé les activités insidieuses d’une holding du crime organisé qui a étendu son contrôle ramifié sur les branches actives de la société napolitaine.

Si on lit le statut de la camorra [il frieno, comme on l’appelait], énoncé lors d’une assemblée historique de camorristes qui se tint le 12 Septembre 1842 dans l’église de Santa-Caterina a Formiello, on pourra remarquer que beaucoup de coutumes alors en vigueur ont disparu. Mais dans le comportement des camorristes d’aujourd’hui, n’a pas disparu l’esprit informatif de ce document exceptionnel, peut-être l’unique « loi fondamentale » de la camorra parvenue jusqu’à nous.

Ce qui est resté jusqu’à notre époque est un certain sens de l’honneur, – du moins ainsi l’entendent les camorristes – de fidélité aux lois qui régulent l’association criminelle ou plus généralement une simple omertà.

Cependant, une différence fondamentale existe entre la situation actuelle et celle que l’on pouvait qualifier d’historique : alors que jusqu’à la période fasciste l’organisation de la camorra à Naples fut strictement pyramidale [un capintesta et douze quartiers historiques napolitains], aujourd’hui la camorra est divisée en familles dont une seule est véritablement napolitaine (urbaine) alors que toutes les autres sont périphériques et de provinces environnantes, même si elles possèdent toutes une zone de Naples, champs principal d’activité.

Il n’existe plus, par exemple, l’huile à la Madone, l’une des coutumes fondamentales : c’était la contribution exigée à tous les détenus afin de maintenir allumée une lampe devant l’image sacrée, afin d’imposer la domination de la camorra sur la vie carcérale.

Mais si les nouvelles technologies ont fait tomber en désuétude l’utilisation de l’huile à la Madone, c’est vraiment la prison – et pas nécessairement une prison napolitaine –  qui maintient les caractéristiques de « conservation » de certaines coutumes de la camorra. C’est là que le détenu apprend le respect dû à son chef, un respect qui se caractérise en une série d’obédiences et de services [un chef en prison ne ferra jamais son lit, trouvant toujours quelqu’un de disposé à le faire à sa place].

Des anciens rites, us et coutumes de la camorra, il y a un témoignage dans l’un des nombreux volumes sur la malavita à Naples, publiés par Abele De Blasio vers la fin du 19ème siècle. De Blasio fut le fondateur et directeur de l’Office Anthropométrique de la Préfecture de Naples, et un fait notable, et qu’il était un disciple de Cesare Lombroso auquel il dut fournir quantité de données sur lesquelles le spécialiste put fonder ses théories d’anthropologie criminelle.

Pendant les années où De Blasio travaillait à la préfecture de Naples, il n’y a pas eu un crâne de camorriste qui échappa à ses mesures ou une confidence qui ne fut pas scrupuleusement retranscrite. De Blasio prêta une attention toute particulière à leurs tatouages jusqu’à en établir un référencement important. Tatouages religieux, d’amour, de surnoms, de grades, de mépris, de profession, de beauté, de dates marquantes, obscènes, symboliques…

Souvent, le tatouage servait à indiquer la spécialité du camorriste et plusieurs fois, il indiquait sa dévotion particulière. L’un des camorristes observé par De Blasio avait sur le thorax l’inscription suivante : « A.S.D.P [Âme Sainte Du Purgatoire] -rappelle-toi-de-moi-parce que-je-pense à toi. »

Un rituel particulier était employé pour les cérémonies d’admission à la Société Mineure [piciotto] et à la Majeure [camorrista], les deux fondées sur des formules empruntées dans d’autres univers sociaux, nobles, espagnols, chevaleresques. Le camorriste devait à chaque fois démontrer son propre courage et souvent sa propre cruauté, des traits de caractère encore demandés de nos jours.

L’une des épreuves les plus courantes était de mettre une pièce de monnaie au milieu d’une table : le candidat devait la prendre alors que les autres personnes présentes à la cérémonie, armées de couteaux devaient l’en empêcher. Plusieurs fois, la main du candidat était transpercée d’un coup de couteau.

D’autres fois, l’épreuve du courage se déroulait durant une zumpata, duel au couteau qui finissait habituellement, au moins avec une balafre au visage, lorsque la société n’avait pas décidé que l’un des deux ne devait pas succomber. l’épreuve finale d’admission au grade de camorriste était la tirata a dovere, un duel symbolique à la fin duquel le candidat devait blesser l’avant-bras du challenger.

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Hommes et femmes balafrés

 

Comme la mafia, la camorra possède une longue histoire. L’origine même du mot est incertaine.

Selon certains, il dérive d’un vieux mot méditerranéen, mor[r]a, qui signifie troupeau, bande et la racine serait équivalente à nur[r]a, qui donne nuraghe, tas de pierre. Le mot existe également en espagnol mais avec la signification de rixe, dispute, et donc les spécialistes cherchent encore mais les doutes subsistent. Marc Monnier, écrivain suisse du 19ème siècle, qui résida longtemps à Naples est l’auteur du fameux livre L’Italia è terra dei morti ? et de deux études fondamentales sur le brigandage en 1862 et sur la camorra l’année suivante. Il avance lui aussi l’origine espagnole du mot, dérivant du terme « gamurra » qui indique une épaisse veste espagnole.

Justement, Marc Monnier se réfère à quelques nouvelles de Miguel de Cervantes Saavedra qui résida longtemps à Naples afin de rendre compte de certaines actions strictement camorristiques, perpétrées à Séville et de l’une des sentences de Sancho sur son île de Baratteria pour montrer l’origine espagnole de la camorra. Baratteria est définie dans un décret sicilien du 16ème siècle, la camorra sur les maisons de jeu et un autre décret du 27 Septembre 1573 signé par le Cardinal Granvella, sur l’extorsion au dépend des détenus.

« Dans les prisons, les vols étaient tels qu’à peine un détenu entrait, ses vêtements étaient déjà vendus, il se retrouvait dépouillé sans s’en apercevoir, et si jamais il s’en apercevait, il ne pouvait parler de peur pour sa vie. Les homicides et les empoisonnements étaient très fréquents autant à l’intérieur qu’à l’extérieur. Les mauvais traitements étaient réservés aux détenus, et l’on prélevait également de l’argent aux nouveaux venus, leur faisant payer la lampe ou pour d’autres prétextes que l’on taira par modestie. »

 Marc Monnier se demande ensuite si l’on ne devait pas faire remonter l’institution de la camorra jusqu’à Naples, même jusqu’à la moitié du 15ème siècle, peu de temps après la formation de l’Onorata Compagnia de la Guarduna en Espagne, en 1417. Cette compagnie réunissait dans cette association redoutable les « joueurs de cartes, les voleurs des rues, les tyrans de prisons et toutes les brutes sanguinaires du pays.« 

Le statut de la Guarduna, publié dans son intégralité par Vittorio Paliotti dans son livre Storia della Camorra ressemble au modèle de l’organisation criminelle napolitaine avec ses hiérarchies et ses rites.

 Nous pouvons dire qu’à partir de l’arrivée des Aragonais à Naples (1442) et plus encore durant la période de domination espagnole, les références à l’activité criminelle de la camorra sont constantes, même si le nom ne se trouve que rarement écrit dans les documents. On en arrive à l’époque bourbonienne et 1820 est la date convenue de formation de la Bella Società Riformata (reformée signifie ici confédérée) qui prit des sociétés secrètes les rituels et certaines règles.

Les membres de la camorra des douze quartiers napolitains se réunirent dans l’église de Sainte-Caterine a Formiello et au cours d’une cérémonie solennelle, ils établirent un nouveau statut pour leur organisation qui était dirigée par un capintesta et par douze capintrini ou caposociétà, un par quartier. Chaque capintrini avait son secrétaire (contaiuolo) et disposait d’un certain nombre de capiparanza (capigruppo) et de camorristi di giornata.

La camorra était essentiellement apolitique, même si elle a toujours profité des contingences politiques.

La référence au Carbonarisme (société secrète italienne d’inspiration maçonnique qui a opéré à Naples pour le compte des Bourbons et des Anglais) et aux Calderari bourbonien est évidente (autre société secrète mais opposée à la Charbonnerie).

Cette organisation criminelle s’appuyait sur des règles de fer (ce que l’on appelle les lois d’honneur) et sur une structure pyramidale divisée en deux partie : une société majeure dont faisaient parti tous les camorristes et une société mineure qui comprenait tous ceux qui, même s’ils avaient été admis dans l’association criminelle et même s’ils travaillaient pour elle, n’y appartenaient pas totalement. La société mineure était une sorte de zone de parking, ou mieux, une école de perfectionnement dans laquelle on entrait avec le titre de giovanotto onorato pour gagner petit à petit, les galons de picciotto et de picciotto di sgaro. Le temps où l’on y restait pouvait être parfois très long et ce n’est seulement qu’après avoir fait ses preuves que l’on pouvait porter le titre officiel de camorriste.

[…]

J’espère que cet article vous aura éclairé un tant soi peu sur les modes de fonctionnement de ce genre de sociétés secrètes.

Encore une fois, a chi sa vedere