Vers une évolution possible de l’Escrime ?

Ciao a tutti,

Je vous propose cette fois la quatrième partie d’un long article consacré à l’Escrime, écrit par un maître d’arme de rang international et néanmoins ami, Maestro Giovanni Rapisardi. Je l’ai trouvé très en rapport avec le thème principal de ce blog ; de plus il se sert pour l’illustrer de mon petit film retraçant  la première compétition de Knifencing (si vous ne savez pas ce que c’est, vous trouverez tous les renseignements dans la rubrique correspondante du site).

Je pense qu’après l’avoir lu, vous comprendrez un peu mieux le choix de mon titre…

L’article dans son intégralité et en version originale se trouve -)—- ICI

[…] Je pense qu’à la suite de toutes les dissertations sur les diverses formes de pratiques de l’escrime, vous devez avoir les idées suffisamment confuses et êtes sérieusement en train d’envisager de vous mettre à la course à pied.

Et bien, aujourd’hui je conclurai en vous parlant de l’Escrime entendue comme discipline d’auto-défense dévelopée de tous temps pour s’exercer à affronter un ou plusieurs adversaires équipés d’armes actuellement utilisées.

     Déjà, parce qu’avant d’être réduit au rang d’entraineur sportif du jeu de la loupiotte qui s’allume, le maître d’escrime était un professionnel qui enseignait le maniement des armes de son époque afin de se battre sous une forme rituelle (le duel) ou pour se défendre en cas d’agression. Il est évident que si en 1916 on enseignait le maniement de l’épée et du sabre afin de se battre selon le code chevaleresque, en 2016 ces armes s’avèrent être anachroniques, étant donné que le duel est une coutume sociale désormais disparue ; de plus il est difficile de croire qu’un délinquant vous agressera avec une épée ou un sabre.

banner-unbreakable-umbrella2-1     D’autre part, l’escrime, l’art et la science du combat à l’arme blanche est loin d’être inutile ; ce fameux criminel pourrait vous attaquer aujourd’hui avec couteau, poignard, seringue alors que vous pourriez avoir à vous défendre avec un blouson, un parapluie ou un trousseau de clefs (en essayant de faire le moins de mal possible, dans le respect évident des lois en vigueur) : temps, mesure, vitesse, intentions sont les mêmes et les principes d’escrime universellement valides, comme à plus forte raison, elles doivent être valides ces normes morales qui imposent à un escrimeur le maximum de respect envers lui-même et envers les autres ; également la responsabilisation absolue dans l’emploie des armes, propres et impropres.

L’étude de l’escrime historique nous aide à développer l’escrime de défense, en relation à la variété d’armes utilisables alors que la méthodologie de l’entraînement et de l’enseignement de l’escrime sportive nous aide à nous entrainer et nous exercer en terme athlétique et technique aux plus hauts niveaux exprimables.phpTtuOs0-300x200

     La technique ancienne de l’épée et du sabre, décrite depuis le 16ème siècle, est utilisable aujourd’hui pour apprendre à se protéger avec un pardessus, le sabre de combat aide à bien se servir d’une canne de marche alors que les unités anti-émeutes des services de police utilisent les techniques ancestrales de l’épée et du bouclier.

     Les corps d’élite de l’armée italienne (et pas seulement) développent leurs méthodes de combat militaire, s’exerçant à l’utilisation de toutes les armes en dotations, armes blanches comprises, qui ont survécu à l’événement des armes à feu toujours plus perfectionnées ou bien la baïonnette, moins souvent utilisée fixée au fusil qu’utile comme arme à la main.

    A la CdS (Compagnia della Spada), utilisant l’équipement de marquage des touches du sabre olympique, nous avons développé un système sportif d’escrime à la baïonnette (Knifencing), qui en plus d’être un exercice très dynamique et amusant est très bien pour les compétitions ; ça nous permet de nous entrainer à une escrime plus contemporaine.

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Les premières compétitions, avec même la participation d’un transalpin (salut Laurent) se sont déjà déroulées avec un succès notable et pas mal des nôtres au sein de la CdS se sont valeureusement distingués, gagnant des métaux précieux.

Voilà, chers CdA, ce que je vous ai raconté c’est plus ou moins ce que le mot « Escrime » peut signifier, mais le sujet est tellement vaste que nous n’aurions pas assez de mille bibliothèques pour faire le tour du sujet : pour le moment, on s’active et on s’entraine parce que…

 

 

     Voilà, personnellement je n’ai pas grand chose à rajouter, si ce n’est que j’approuve ce qui est écrit car je trouve que placer le couteau à un niveau sportif permet d’élargir le choix des possibilités qu’offre cette merveilleuse discipline qu’est l’Escrime. Nous n’avons pas tous les mêmes besoins et le même état d’esprit en ce qui concerne le couteau. Avec le sport, cela peut permettre de fédérer des personnes très différentes. Pas tout le monde à envie de se transformer en Rambo des temps modernes, en instructeur de « self défense » ou en survivaliste post-apocalyptique. Le sport permet de s’amuser avec une arme totalement inoffensive sans prise de tête quant au respect de la loi ou de la moralité à porter et s’entrainer avec des armes réelles. L’essentiel avant tout est de prendre plaisir à ce que l’on fait non ?

@ bientôt

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